Darius

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pentimento

Pentimento est un ensemble de plus de 200 livres d’artistes, réalisés depuis 2009. Au départ j’ai fait des encres soit en utilisant de l’encre de chine, de l’encre d’imprimerie, soit les deux, quelque fois réhaussées de peinture à l’huile et/ou du brou de noix. Elles étaient en général de grand format (80 x 150 cm en moyenne). N’étant pas satisfait du résultat (repentir), j’ai décidé de les plier en cahiers comme on fait un livre, sans rien calculer sur la mise en page, devenue pseudo-aléatoire.

La seule action fût de choisir le pliage et de jouer sur la dimension du livre final. Des compositions inattendues apparaissent,réservant de temps à autre des surprises intéressantes. Elles mettent très souvent en valeur le rapport subtil entre les pleins et les vides.

Extrait du catalogue de l’exposition au Sépulcre – 2017 :

« Pentimento

En regardant de loin vers le fond de l’église, le visiteur n’apercevait qu’un très grand mur blanc, barré de deux traits noirs, une rampe de spots et une ligne à vingt-cinq centimètres du sol. Après avoir dépassé la forêt, le trait bas apparaissait comme une table basse de plus de dix mètres de long, sur laquelle dix-neuf boîtes, au format carré, étaient posées à plat, collées les unes aux autres.
Chacune d’elles renfermait une double page, extraite d’un Pentimento, réalisée avec de la peinture d’imprimerie sur du papier journal. Cela ne s’invente pas, mais représente métaphoriquement le recyclage des choses. En effet ce sont exactement les mêmes matériaux qui sont utilisés pour faire les journaux. L’art est peut-être caché dans les choses de la vie courante, une histoire de point de vue, d’angle…
Cette installation fait référence à la « nuée de papillons », elle aussi constituée de feuilles extraites de Pentimento (ou repentir en peinture), ces encres inachevées, parce que non réussies, qui ont été pliées en deux, puis en deux, etc…, jusqu’à obtenir le format voulu d’un livre, et ainsi avoir une seconde chance. Le hasard participe à une recomposition de l’encre, dont le résultat est souvent intéressant, ce qui peut s’expliquer par la cohérence/structure de l’encre initiale.
Contrairement aux papillons de la nuée, ici ces pages sont d’une très grande fragilité au toucher et à la manipulation.
En imbibant le papier très fin, d’encre grasse à base d’huile, il devient parfaitement translucide et cassant avec le temps sous les effets de la lumière intense.
Cette présentation à plat permet de préserver le pli central de la double page en évoquant le livre d’où elle est extraite.
La longueur de la table lui permettait de disparaître de part et d’autre du champ de vision, se fondant ainsi dans le décor. Sa position relativement proche du sol et détachée du mur, offrait une vision globale au visiteur, en ramenant son regard vers les très beaux pavés anthracite de l’édifice.
Nous retrouvons ici l’idée récurrente de l’exposition, qui consiste à renverser la métaphore/fonction première de l’édifice, qui était d’élever le regard des croyants vers le ciel, en s’appuyant sur les hauteurs et les volumes impressionnants, baignés d’une lumière céleste (vitraux), en emmenant le visiteur à descendre son regard vers la matérialité de l’édifice, de ses constituants et donc de lui-même.
Il ne s’agit plus d’utiliser l’église pour atteindre un paradis céleste, mais l’art pour redécouvrir la beauté des choses matérielles et la sérénité qu’elle peut nous apporter.
Cette première installation du fond, dénote du reste de l’exposition par les couleurs qui y sont conviées. Une autre particularité vient de la transparence du papier huilé.
Certaines double-pages étaient présentées au recto, c’est-à-dire sur la face peinte, alors que d’autres l’étaient au verso, sur la face a priori vierge de toute peinture. Dans les deux cas un travail de peinture était bien visible. Les parties extrêmement foncées au recto deviennent, par un procédé d’inversion, très claires au verso.
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